Hexagone

Publié le par le tube

Jürgen Nefzger.   Hexagone. Le paysage Consommé. Fûdo éditions 2006. 25 euros.


Marée noire et pavillons blancs.

  Il n’y a pas de légendes, seulement des pleines pages de décors familiers, de visions que nous connaissons tous mais photographiés. Mises en lumière elles interrogent. Pourquoi Jürgen Nefzger a-t-il pris ce cliché ? Où est la coupe ? Le sujet apparaît quand on s’y arrête un moment : la domestication de la nature, sa transformation et sa destruction. Jürgen a le talent d’opposer des contrastes, de saisir une trouée industrielle, un déchirement dans une colline par une route. Par moment c’est plus raide ; On se croirait dans la France agricole dans une page de publicité pour le matériel.  Une rangée de caddies répond à une ligne de serres, un giratoire très commun rappelle une zone industrielle qu’on a connu : L’uniformisation des campagnes  se montre. Jürgen déshabille, sans qu’on y prête attention, les lignes d’un monde voué à la marchandise. Un vendeur de piscines vous dégoûte autant qu’un concessionnaire auto.

   Les plus frappantes de ces photos sont celles où la mise en perspective montre une nature « d’avant » en lien avec un ravage d’aujourd’hui, que ce soit les milliers de sacs poubelles dans la Crau ou une centrale nucléaire dans le Nord. Une de mes préférées, ce  sont ces hand-ballers bleus, qui protègent du foin, longs comme des serpentins qui rongent la campagne. On s’arrêtera aussi sur ce pont en trompe l’œil qui en souligne un autre, puis encore un, un ancien qui disparaît après des siècles d’existence, des siècles à faire passer des hommes d’un lieu à l’autre dans le Gers. Le parti pris est loin de photos travaillées sur la lumière. Le fond est souvent gris, tout fait penser à un ciel d’octobre.

   Au fait les légendes sont à la fin. Quand tout est consommé !

Christophe Goby.

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Publié dans la librairie

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